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Dyspnée expiratoire chez un asthmatique

PISU n°7 - Mise à jour n° 20240105

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Thérapeutiques

 

Descriptif de la situation

Il s’agit une dyspnée expiratoire aigüe sans douleur thoracique, chez un asthmatique connu, dont la gravité peut mettre en jeu le pronostic vital. La crise d’asthme correspond à un spasme des petites bronches qui se traduit par une dyspnée expiratoire sifflante. Elle peut être associée à une toux quinteuse de type irritatif. Il existe souvent un facteur déclenchant (allergène, choc émotionnel, activité sportive, choc thermique au froid, etc.)

Conduite à tenir par l’infirmier

L’infirmier doit dans un premier temps :

  • faire le point avec le chef d’agrès sur le bilan effectué et la demande éventuelle de renfort

  • aborder la victime par la méthode XABCDEF dont :

    • la recherche à l’interrogatoire :

      • d’antécédent d’hospitalisation pour la même raison

      • la prise de médicament pour cette crise

      • une grossesse en court contre indique l’Atrovent

    • la recherche des signes d’asthme aigu grave :

      • crise inhabituelle, ou qui résiste au traitement

      • difficultés voire impossibilité de parler ou de tousser

      • anxiété, agitation

      • sueurs

      • cyanose

      • tirage

      • orthopnée

      • fréquence respiratoire > 30/min, ou à l’inverse par épuisement à l’extrême < 10/min

      • fréquence cardiaque > 120/min

Soins infirmiers

L’infirmier doit pratiquer les soins suivants :

 

  • laisser la victime dans la position de confort qu’elle adopte spontanément, le plus souvent assise

  • SDS17 : administrer un spray de Salbutamol 100 µg (VENTOLINE®) en utilisant un inhalateur buccal si la victime ne l’a pas déjà fait (2 bouffées).

  • débuter une oxygénothérapie au masque à haute concentration (si cela n’a pas été déjà fait)

  • en l’absence d’efficacité (fréquence respiratoire élevée, sifflements expiratoires…), réaliser un aérosol. L'ISP vérifie la mise en place du premier aérosol par les SP. Le cas échéant, passer directement au 2ème aérosol.

    • pour l’adulte, mise en place d’une nébulisation par oxygène à 6l/mn, avec deux dosettes 2,5mg/2,5ml ou une dosette 5mg/2,5ml de Salbutamol (VENTOLINE®) solution pour inhalation et de 1 dosette de 0,50mg/2ml de Bromure d’Ipratropium (ATROVENt®) soit au total 7ml

( !) Si grossesse ou allaitement, Salbutamol (VENTOLINE®) seul.*

  • pour l’enfant de moins de 50 kg, mise en place d’une nébulisation par oxygène à 6 l/mn, avec une seule dosette de Salbutamol 2,5mg/2,5ml (VENTOLINE®) solution pour inhalation et d’une seule dosette de 0,25 mg Bromure d’Ipratropium ATROVENT® 0,25mg complété, si besoin, par du NaCl 0,9% qsp 4 ml.

  • durée de la nébulisation jusqu'à épuisement de la solution : environ 15 mn

Transmettre un bilan au médecin régulateur du SAMU Centre 15.

Réévaluation 10 mn après la fin de la première nébulisation.

Si l’état clinique de la victime ne s’améliore pas ou s’aggrave :

  • transmettre immédiatement un bilan au médecin régulateur du SAMU (CRRA15) puis :

    • Réaliser un deuxième aérosol

      • pour l’adulte, mise en place d’une nébulisation par oxygène à 6 l/mn, d’un mélange de deux dosettes de Salbutamol 2,5mg/2,5ml (VENTOLINE®) (ou une dosette de 5mg/2,5ml et compléter avec une dosette de 5ml NaCl0,9% = 7,5 ml).

      • pour l’enfant de moins de 50 kg, mise en place d’une nébulisation par oxygène à 6 l/mn, d’un mélange d’une dosette de Salbutamol 2,5mg/2,5ml (VENTOLINE®), volume complété par une dosette de NaCl 0,9% 5ml  = 7,5 ml au total.

      • durée de la nébulisation jusqu'à épuisement de la solution : environ 15 mn

    • de poser un abord veineux :

      • périphérique en évitant le pli du coude si possible

      • de taille minimale G18 si possible

      • avec du Chlorure de Sodium à  0,9%

    • l’injection intraveineuse lente, d’un corticoïde d’action rapide Méthylprednisolone 40mg/2ml (SOLUMEDROL®) à la dose de 1 mg/kg jusqu’à un maximum de 80mg.

Si la victime perd connaissance :

  • pratiquer les gestes de réanimation qui s’imposent

 

Surveillance

L’infirmier doit assurer une surveillance régulière de la victime toutes les 5 minutes jusqu’à prise du relais par un médecin urgentiste si nécessaire.

Toute modification de son état est transmise au SAMU Centre 15.

Les éléments recueillis sont portés sur la fiche d’intervention 3SM.

 

* En cas de grossesse et d’utilisation du Bromure d’Ipratropium (ATROVENT®) :

 

Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces.

En clinique, aucun effet malformatif ou fœtotoxique particulier n'est apparu à ce jour. Toutefois, le suivi de grossesses exposées au bromure d'ipratropium est insuffisant pour exclure tout risque.

En conséquence, l'utilisation du bromure d'ipratropium ne doit être envisagée au cours de la grossesse que si nécessaire. En cas d'administration en fin de grossesse, tenir compte des répercussions possibles pour le nouveau-né des propriétés atropiniques de cette molécule.

Bibliographie

Aerosol2

PISU n°7

Mise à jour du 05/01/2024 et validé par : 
Dr Audfray ; Dr Coillot ; Dr Couraud ; Dr Poumailloux ; 

© 2023  par Médecin Colonel Fabrice Couraud . Créé avec Wix.com

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