Arrêt cardio-respiratoire
de l’adulte ou de l’enfant
PISU n°1 - Mise à jour n° 20240105


Introduction
La vie d’une victime en arrêt cardiaque est menacée à brève échéance. Le cerveau est l’organe le plus sensible à un manque d’oxygène. En l’absence de gestes de secours, des lésions cérébrales irréversibles apparaissent en quelques minutes. Les chances de survie deviennent quasiment nulles, au-delà la 8ème minute.
Reconnaissance de la situation
L’arrêt cardiaque se définit, lors du bilan d’urgence vitale, par l’absence de signes de circulation :
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absence de conscience : la victime ne parle pas, ne bouge pas et ne réagit pas à un ordre simple
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absence de ventilation : absence de toux, de mouvement de la poitrine et/ou de l’abdomen, absence de souffle recherché pendant 10 secondes au plus
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absence de perception du pouls carotidien
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Conduite à tenir par l’infirmier
L’infirmier, dans un premier temps, doit :
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s’assurer qu’un renfort médical a bien été demandé
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vérifier la qualité de la Réanimation Cardio-Pulmonaire (RCP) selon les recommandations (30/2 chez l’adulte et chez l’enfant après une série de 5 insufflations si inefficace rythme de 15/2)
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recueillir les points suivants :
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heure supposée de l’arrêt cardiaque
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âge de la victime
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délai de No-flow (absence de geste de secours) et de Low-flow (RCP) (noter les heures)
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nombre de chocs déjà délivrés et la durée de la RCP (noter les heures)
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notion de fin de vie, de directive anticipées
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Soins infirmiers
Utilisant le matériel à disposition (variable selon le SDIS), sans interrompre les manœuvres de RCP et en respectant les consignes du Défibrillateur Automatisé Externe (DAE), l’infirmier doit :
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s’assurer de la bonne libération des voies aériennes supérieures et de l’efficacité des ventilations.
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en cas de corps étranger suspecté non encore évacué
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ablation au doigt si facilement accessible
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ou si besoin à l’aide de la pince de Magill en s’aidant éventuellement de la lumière du laryngoscope avec une lame adaptée
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vérifier qu’une canule oro-pharyngée a bien été posée
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mettre en place un abord veineux périphérique, avec du Chlorure de Sodium à 0,9 %. Et en cas d’échec de 2 tentatives chez un adulte ou en cas de prise en charge d’un enfant, mettre en place un dispositif intra-osseux. Si une glycémie capillaire n'a pas déjà été faite par l'équipage VSAV, faire la glycémie capillaire lors de la mise en place de la voie veineuse.
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Procédure d’utilisation de l’adrénaline :
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Consigner la réactivité pupillaire avant de débuter les injection d'adrénaline.
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En l’absence de pouls et si le DAE ne propose pas de choc : injecter une dose de 1mg d’adrénaline en IV. En l’absence de reprise d’une activité cardiaque, poursuivre l’administration d'adrénaline à raison d’1mg toutes les 4 minutes, jusqu’à l’arrivée de l’équipe médicale. Arrêter l’adrénaline en cas de reprise spontanée d’un pouls.
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En cas de choc demandé par le DAE :
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Une fois le choc réalisé, l’administration d'adrénaline dépend de la suite des analyses du DAE :
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Si le DAE ne propose pas de nouveau choc et si la recherche d’une reprise d’activité cardiaque est négative, il faut débuter les injections d'adrénaline d’1mg toutes les 4 minutes.
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Si le DAE propose un nouveau choc, il faut poursuivre les gestes de secours. Ce n’est qu’à partir du 3ème choc délivré (en tenant compte de l’ensemble des chocs délivrés y compris avec un autre DAE avant la pose de celui des sapeurs-pompiers) et sans reprise de pouls, qu’il faut débuter les injections d'adrénaline IV à raison d’1mg toutes les 4 minutes.
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En cas de persistance de l’arrêt cardiorespiratoire chez l’adulte et au bout du 3ème choc par le DAE, l’infirmier doit injecter de l’amiodarone (cordarone®) à la dose de 300 mg IVD (et non en IVL car il s’agit d’un arrêt cardiaque) soit 2 ampoules de 3ml de 150 mg à diluer dans 14 ml de Glucosé 5%.
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Rechercher les causes réversibles de l’ACR facilement traitables sur place : les 6H
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L’Hypoxie (par la qualité de la ventilation et de l’apport d’O2 vérifiée par le SpO2 et l’EtCO2)
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L’Hypovolémie (par l’arrêt d’une hémorragie extériorisée et par le remplissage)
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L’Hypoglycémie (par le sucrage IV)
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L’Hypothermie (par la soustraction des sources de froid : le sol, l’humidité, le vent, etc.)
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La baisse du pH ou l’acidose (par la qualité de la RCP)
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Hypokaliémie ou hyperkaliémie (par la qualité de la RCP)
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Rechercher les étiologies qui nécessitent une prise en charge médicale urgente : les 6T
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La Tamponnade (contexte de plaie pénétrante thoracique, notion d’épanchement péricardique connu)
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Le pneumoThorax suffoquant (contexte de plaie pénétrante thoracique, signe d’emphysème sous-cutané avec crépitation neigeuse)
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La Thrombose pulmonaire ou embolie pulmonaire (contexte favorisant une phlébite comme suite opératoire, immobilisation, cancer, etc.)
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La Thrombose cardiaque ou infarctus du myocarde (coronarien connu, notion de douleur thoracique précédant l’ACR)
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La prise de Toxiques ou de Traitements médicamenteux (bilan circonstanciel et recherche d’ordonnance)
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Un Traumatisme (bilan circonstanciel)
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En cas de reprise d’activité cardiaque spontanée :
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Reprise de l’examen de la victime selon la méthode XABCDEF
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Poursuivre l’oxygénothérapie avec comme objectif d’efficacité par une SpO2 entre 94 et 98% et si possible une mesure de l’EtCO2 (normale entre 35 et 45 mmHg)
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En l’absence d’équipe médicale réaliser un ECG 12 dérivations
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Pour les infirmiers DE
SDS 17 uniquement : Dans le cas particulier de régurgitations importantes chez l’adulte ou l’adolescent, situation fréquente en cas de noyade, l’infirmier est autorisé à mettre en place un dispositif supraglottique de type Igel® avec sa sonde gastrique.
Dans le cas particulier de notion de corps étranger et /ou de difficultés pour assurer des ventilations efficaces avec un BAVU, l’infirmier est autorisé à contrôler à l’aide d’un laryngoscope la présence d’un corps étranger et à utiliser la pince de Magill pour faciliter son extraction.
Pour les infirmiers anesthésistes DE
Il est possible de réaliser une intubation orotrachéale sans drogue avec une sonde à ballonnet de taille adaptée, sur laquelle est ensuite poursuivie la ventilation. Cette intubation est effectuée après le contrôle de la réanimation secouriste et après la pose de l’abord veineux. Son efficacité doit être vérifiée par la mesure de l’EtCO2 pour valeur cible autour de 40 mmHg
Cas particulier de l’enfant
La démarche de prise en charge est la même que pour l’adulte, seules changent :
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Vérifier la bonne libération des voies aériennes supérieures et l’efficacité des ventilations
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Respecter le rythme de la RCP selon les recommandations en vigueur. (15/2)
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Réaliser d’emblée la pose dispositif intra-osseux (si disponible).
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Adrénaline : 0,01 mg/kg
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Amiodarone : 5mg/kg
Surveillance
Cette réanimation est poursuivie jusqu’à prise du relais par un médecin.
En cas de reprise de pouls en noter l’heure.
Les gestes effectués et les drogues administrées sont portés sur la fiche d’intervention 3SM.
PISU n°1 - Mise à jour du 05/01/2024
Validé par : Dr Audfray ; Dr Bolut ; Dr Coillot ; Dr Couraud ; Dr Poumailloux ;
