Introduction
Introduction - Mise à jour n° 20240105
Introduction
La mise en place par un infirmier sapeur-pompier habilité de Protocoles Infirmiers de Soins d’Urgence (PISU) est une solution qui permet :
-
la prise en charge des victimes par la réalisation rapide des actes d'aide au diagnostic et d’actions thérapeutiques.
-
la transmission au médecin régulateur d’un bilan complémentaire à celui de l'équipe de prompt-secours grâce à des observations paramédicales cliniques, complétées éventuellement par des données issues d’appareils biométriques. Ces données peuvent faire l’objet d’une télétransmission en fonction des dotations et des procédures établies entre le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) et le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU).
-
une prise en charge précoce et adaptée de la douleur grâce notamment à l’utilisation de thérapeutiques adaptées.
Le concept d'engagement échelonné secouriste, infirmier puis médical constitue une réponse adaptée à l'urgence proposée et développée par le référentiel commun sur le secours à personne. Cette réponse graduée à l'urgence peut s'appliquer dans les missions de soutien sanitaire opérationnel et de secours d’urgence aux personnes.
(...)
Comité de rédaction
Conformément à l’article R.723-85 du code de la sécurité intérieur, les protocoles doivent être : « écrits, datés et signés par le médecin-chef du service départemental d’incendie et de secours »
Dans le souci d’harmonisation des pratiques sur l’ensemble de 5 départements (la Charente, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, la Vendée et la Vienne), ces protocoles sont rédigés, datés par un comité de rédaction constitué par l’ensemble des médecins chefs des sous-directions santé (SDS) des SDIS concernés.
Les protocoles de références, validés par les médecins chefs sont dématérialisés à l'adresse suivante : www.sdspsu.fr ; les médecins chefs actualisent les protocoles au sein d'un groupe de travail permanant à l'unanimité.
Pour ces travaux le comité de rédaction s’est appuyé sur les textes réglementaires concernant la profession d’infirmier, l’organisation des SDIS et de leur SDS, les documents de références établis par les sociétés savantes en lien avec la médecine d’urgence et les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
Afin d’uniformiser les pratiques avec les formations anglo-saxonnes de l’urgence, il a été décidé de décrire l’abord de la victime selon la méthode XABCDEF (eXsangue, Airway, Breathing, Circulation, Disability, Exposures, Family)
Cadre juridique
Le code de santé publique et notamment les articles L.4311-1 et suivants, R. 4311-1 et suivants, plus particulièrement l’article R 4311-8 pour la douleur et l’article. 4311-14 pour les urgences.
Le code pénal et notamment les articles 121-3 et 122-7 pour ce qui concerne la non-assistance à personne en danger et la responsabilité en cas de dommage. ; ainsi que les articles 226-13, 226-14, 434-2 et 434-3 sur le secret professionnel et les obligations de dérogation.
Le code général des collectivités territoriales (parties législative et réglementaire) et notamment ses articles
L. 1424-1 et suivants, et R. 1424-1 et suivants.
Le code de la sécurité intérieure et notamment ses articles R.723-80 et suivants.
L’arrêté du 24 avril 2009 relatif à la mise en œuvre du référentiel portant sur l’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente.
La circulaire interministérielle DGOS/R2/DGSCGC/2015/190 du 5 juin 2015
La lettre interministérielle santé-intérieur du 19 juillet 2016 relative aux Protocoles Infirmiers de Soins d’Urgence (PISU)
Les recommandations professionnelles - SFMU-SEMSP/SFAR-SRLF-CARUM-CFRC de mars 2016 : Protocoles Infirmiers de Soins d’Urgence
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la prescription médicamenteuse par téléphone (ou téléprescription) dans le cadre de la régulation médicale. Février 2009
Les modalités de formation
Pour être habilité à appliquer les PISU, l’ISP doit suivre une formation spécifique sous la responsabilité de son médecin-chef.
Cette formation est composée :
-
d’une formation initiale contenant des modules théoriques et pratiques certificatifs
-
d’une formation annuelle de maintien et de perfectionnement des acquis
La validation opérationnelle de l'ISP intervient à la signature du médecin chef de la liste des protocoles pour lesquels l'ISP est validée, conformément au RIOFE correspondant, avec le matériel à disposition indiqué à l'inventaire de la PUI, chaque ISP s'engage en contre signant ce document daté.
Autant que nécessaire, annuellement au minimum, sur proposition du médecin chef, il est établi une liste des ISP habilités à la mise en œuvre des PISU. Cette liste est signée par le directeur départemental du SDIS.
Mise en place des PISU
Les procédures d’engagement d’un ISP par le CODIS sont décrites dans les conventions établies entre les SDIS et les Centres Hospitaliers sièges des SAMU.
Dès l’arrivée sur les lieux d’intervention :
-
l’ISP évalue la situation clinique de la victime (ou des victimes en présence) et débute d’emblée la mise en place d’un PISU si la situation le nécessite pendant que le chef d’agrès du VSAV en informe le CRRA15.
-
les protocoles interdépartementaux sont mis en œuvre avec le matériel disponible et les formations validées dans chaque département.
-
dès que cela est possible l’ISP rentre en contact avec le médecin régulateur par les moyens de transmission adaptés (réseau radio, ANTARES, ligne téléphonique dédiée, etc.) permettant d’accéder à ce dernier en moins d’une minute et permettant l’enregistrement simultané au SAMU et au CTA, pour l’informer de la situation et des éventuels gestes réalisés.
-
le médecin régulateur conseille et oriente l'ISP sur les lieux.
-
en cas d’indisponibilité du médecin régulateur dans ce délai, l’ISP poursuit la mise en œuvre de son protocole jusqu’à l’établissement d’un contact direct effectif, facilité au besoin par le CTA.
A l’issue de l’intervention, et conformément à l'article R4311-14 du CSP, l’ISP doit établir un compte-rendu écrit, daté, signé, remis au médecin et annexé au dossier du patient.
Son contenu doit permettre de justifier la mise en œuvre du PISU (critères d'inclusion et recherche des critères d'exclusion), la réalisation de la prescription médicale (posologie, mode d'administration retenu…) et les réactions éventuelles.
Plan du protocole
Tous les protocoles sont rédigés de la même façon, en deux parties, avec le même plan.
-
Un premier document contenant une version littérale
-
Un deuxième document qui résume son contenu sous la forme d’un logigramme.
Suivi et évaluation de la mise en œuvre des PISU
Lorsqu’elles sont sous forme papier, les fiches de prises en charge des victimes contenant les bilans et les actions des ISP sont constituées d’au moins 2 feuillets. Le premier feuillet suit la victime si elle est hospitalisée. Le deuxième feuillet est retourné à la direction du SSSM pour le suivi et l’archivage des fiches via la Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) pour le suivi des prescriptions et le réapprovisionnement des médicaments. L’informatisation des fiches bilans doit permettre un envoi au SAMU et accès de cette fiche au service d’accueil des urgences. Ces fiches sont classées et archivées selon les recommandations en vigueur sur les dossiers médicaux sous la responsabilité du médecin-chef.
Comité de suivi
L'exploitation des comptes rendus par les médecins-chefs des SDS permet d'évaluer les pratiques afin de vérifier la conformité de la mise en œuvre sur le terrain, de proposer de réadapter et d’actualiser les PISU, de faire modifier la Formation d’Adaptation à l’Emploi (FAE) départementale des infirmiers opérationnels ou encore définir les thèmes de la Formation de Maintien et de Perfectionnement des Acquis (FMPA).
Rapport annuel d’activité
L’exploitation des comptes rendus doit permettre d’établir des statistiques opérationnelles portant sur des indicateurs quantitatifs (nombre et type de protocoles mis en œuvre, horaires, motifs d’appel) ainsi que sur des indicateurs de performances (bénéfice antalgique, taux de reprise d’activité cardiaque spontanée sur protocole Arrêt Cardiaque extrahospitalier par exemple).
Introduction
Mise à jour du 05/01/2024 et validé par :
Dr Audfray ; Dr Bolut ; Dr Coillot ; Dr Couraud ; Dr Poumailloux ;